De nouveau battus par les Argentins, les Bleus étaient déçus et surtout en colère. La tension palpable sur le terrain a continué dans les travées du Parc des Princes
Les Français vont finir par les détester. Sept semaines après le match d'ouverture perdu au Stade de France (12-17), les hommes de Bernard Laporte ne cachaient pas leur colère contre les Argentins vendredi soir suite à la nouvelle défaite subie cette fois au Parc des Princes à l'issue du match pour la troisième place. Le premier à allumer la mèche en salle de presse a été Raphaël Ibanez. Le capitaine des Bleus, pourtant réputé pour son calme, s'est dit « en colère » contre l'attitude des Pumas vis-à-Vis de laquelle l'arbitre a parfois été un peu trop tolérant. « Il faudra se rappeler ce qui s'est passé sur le terrain, il y aura d'autres France-Argentine, on se souviendra de cette soirée », a répété à plusieurs reprises celui qui pourrait annoncer sa retraite internationale dans les jours ou les semaines à venir. De son carton jaune, il ne regrette d'ailleurs rien. Au contraire. « C'était dans le cours de l'action, dit-il. Quand un mec se met cinq fois de ton côté, il faut aussi être capable de sortir. On ne va pas non plus leur faire la bise en permanence... »
« Raphaël est ennuyé, c'est une réaction logique, lui répondra, quelques minutes plus tard, Agustin Pichot assis à la même place. C'est un joueur fabuleux pour qui j'ai beaucoup de respect. L'Argentine a vraiment poussé la France dans ses retranchements et a eu cinq pénalités dans la première période. Mais il n'y a aucun contentieux entre nous. C'est le type de jeu que nous jouons. C'est la manière dont l'Argentine joue : avec le c½ur et l'âme. » Et c'est vrai que du c½ur, les Pumas n'en ont pas manqué sur le terrain. Peut-être parfois un peu trop à l'image de Roncero ou Longo, tout simplement bouillants tout au long du match. Après avoir allumé, depuis quelques jours, ces Français qu'ils côtoient régulièrement en club, comme ils l'avaient fait avant l'ouverture de la compétition, les Pumas ont imposé un combat de tous les instants à leurs adversaires. Quitte parfois à jouer avec les règles. « Ce serait trop facile de dire que l'on a perdu à cause de l'arbitrage mais c'est vrai qu'il y a des choses qu'on a du mal à comprendre », dira sobrement Laporte à ce sujet qui a par ailleurs reconnu la supériorité des Argentins.
Dans ce contexte déjà tendu, le plus chaud était à venir. Sur les coups de 0h15, les Pumas quittent leurs vestiaires. Les Français, eux, sont déjà en zone mixte pour répondre aux interviews. Au loin, on entend alors le bonheur (légitime) des Argentins. Le son se fait de plus en plus fort. Quelques secondes plus tard, Pichot et ses partenaires entrent dans la pièce en sautant et en chantant avec une sono qui hurle des chants argentins. L'ambiance monte d'un ton. Le regard noir, Frédéric Michalak leur demande de se calmer. On pense alors que ça va partir en bagarre générale. Sébastien Bruno, à ce moment là aux micros des radios, exprime sa colère. Et montre le coq sur son survêtement dans un vacarme hallucinant. « Ca me gène, lance-t-il. Le rugby c'est l'humilité et le respect. Ils montrent leur joie mais il faut aussi penser à la tristesse de leurs adversaires. » « Ils exagèrent », peste Lionel Nallet. Alvarez Karailis Hasan et Fernandez-Lobbe calment le jeu. Le pire est évité. Jusqu'au prochain match ?